Quelle place accorder aux plateformes LMS dans l'apprentissage ?

 

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Lorsqu'on prépare des projets de digitalisation de formation, on pense tout de suite "outils et plateformes". Un grand nombre de professionnels de la formation vont alors concevoir des modules (à l'aide d'un outil auteur par exemple), puis les diffuser auprès des apprenants en veillant à suivre leurs avancées pas à pas grâce aux statistiques. Tout est sous contrôle : l'apprenant est dans un "cocon pédagogique". Mais finalement, dicter le chemin (plus ou moins tracé), est-ce vraiment ce que l'apprenant attend de vous pour apprendre ? 


Passons en revue, quelques études qui démontrent que l'apprentissage du travailleur "moderne" (pour reprendre l'expression de Jane Hart) ne passe pas obligatoirement par une plateforme. 

Nous apprenons surtout en dehors des plateformes LMS

Une étude très intéressante menée par Degreed en 2016 (How the Workforce Learns in 2016) montrait déjà la diversité des sources d'apprentissage mobilisées par les apprenants.

Degreed distinguait deux types d'apprentissage :

  • l'apprentissage guidé (L&D led) : coaching et mentorat, modules de formation en ligne, formations en présentiel, conférences, etc.
  • l'apprentissage autogéré (L&D self-directed) : recherches web, apprentissage avec les pairs, articles et blogs, vidéos, livres, applications, podcasts, réseau, etc.

Le schéma en page 3 du rapport montrait que les sources d'apprentissage autogérées étaient très nombreuses et, surtout, qu'elles étaient mobilisées plus fréquemment : quotidiennement, toutes les semaines, tous les mois, tous les trimestres ou tous les ans. En revanche, l'apprentissage guidé se faisait plutôt à fréquence mensuelle ou trimestrielle.



La plateforme LMS n'est pas le seul outil de formation

Le classement Top Tools for Learning établi par Jane Hart (du Centre for Learning & Performance Technologies) est devenu la référence mondiale pour identifier les outils d'apprentissage les plus utilisés par les individus. Chaque année, il est intéressant de découvrir quelles sont les nouvelles entrées dans le top, quels sont les outils qui se démarquent, et ceux qui perdent en popularité.

L'édition 2019 de ce classement est à nouveau riche d'enseignements. Les dix premiers outils, les plus plébiscités donc, sont les suivants :

1 -Youtube

2- Google Search

3- PowerPoint

4 - Twitter 

5 - LinkedIn

6 - Google Docs & Drive 

7 - Word

8- Wikipedia

9 -Wordpress

10 - Zoom




On constate ainsi que les participants à ce sondage apprennent surtout en se rendant sur YouTube et en réalisant des recherches sur Google, en consultant des supports de présentation PowerPoint, en échangeant sur les réseaux sociaux (et notamment Twitter et LinkedIn) et/ou en collaborant sur des outils d’édition comme Google docs ou par visioconférence avec Zoom. 

Il est intéressant de noter que le premier outil auteur cité (Articulate) apparaît à la 20e place  et que la première plateforme LMS citée (Moodle) n'arrive qu'à la 50e place... On remarquera cependant la grande avancé de LinkedIn Learning qui se positionne en 13e place (boom de 21 rangs par rapport à l’an passé). 

En résumé, grâce à cette étude annuelle, il apparaît clairement que l'apprentissage se fait surtout en dehors des plateformes LMS. Il devient donc difficile, avec une plateforme LMS "seule", de capter et de suivre l'intégralité des apprentissages. 

 

L'apprenant moderne n'a plus les mêmes contraintes et exigences

L'infographie Meet the Modern Learner (en page 10 du rapport de Bersin : Meet the Modern Learner: Engaging the Overwhelmed, Distracted,and Impatient Employee) est, elle aussi, riche d'enseignements.

On y apprend notamment que l'apprenant moderne ne dispose que de peu de temps pour se former (1 % de son temps de travail hebdomadaire) mais qu'il développe une certaine autonomie pour aller chercher les informations et connaissances dont il a besoin, sans attendre l'intervention du service formation. 

À nouveau, on remarque qu'il y a une "vie apprenante" en dehors des plateformes de formation, que les professionnels de la formation n'arrivent pas toujours à encadrer. Mais est-ce si grave que ça ?

Faut-il abandonner sa plateforme LMS ?

La réponse est non. Comme le souligne le sous-titre du rapport de l'étude : la formation traditionnelle n'est pas obsolète, elle est juste incomplète (Traditional L&D is not obsolete. It's just incomplete.). Cela signifie que, en complément de la plateforme LMS, il est nécessaire d'investiguer tous ces "nouveaux" territoires de l'apprentissage. 

 

En revanche, il n'est pas nécessaire de "traquer" littéralement l'apprenant. Il peut être judicieux de lui faciliter la vie en lui permettant de se constituer facilement un environnement d'apprentissage personnel. Et à ce niveau, une Learning Experience Platform (LXP) peut être un début de réponse...

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