LMS, LCMS, LEP, LXP... De quelle(s) plateforme(s) s'équiper ?

 

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À tort ou à raison, le fait de disposer d'une plateforme de formation est souvent considérée comme un prérequis indispensable lorsque l'on se lance dans des projets de digitalisation de ses formations. Pour les responsables formation qui font le choix de s'équiper, une analyse de ses besoins suivie d'une étude du marché sont des étapes nécessaires. L'évolution rapide et permanente de ce marché des plateformes permet d'en tirer des enseignements intéressants, l'un d'eux étant notamment une plus grande cohérence entre notre conception de la formation et la manière dont celle-ci est outillée. D'où venons-nous et où allons-nous avec nos plateformes de formation ?

À l'origine, il y avait des plateformes LMS

Les premières plateformes LMS (Learning Management System) ont été inventées il y a près de 30 ans. Initialement, elles avaient vocation à déployer les contenus de formation et à les diffuser aux apprenants, permettant notamment de s'assurer du respect de la conformité des publics visés à certaines règles (par ex. les collaborateurs, les fournisseurs...).

Au début des années 2000, la formation en ligne (e-learning) avait le vent en poupe, tellement que nombre de professionnels de la formation imaginaient alors qu'elle allait définitivement et complètement remplacer la formation en présentiel. Les formateurs ont vite été rassurés devant les résultats décevants constatés. Eh oui, il ne suffisait pas de mettre quelqu'un devant un écran pour qu'il apprenne... d'autant que cela ne coûtait pas nécessairement moins cher, comme il était fréquent de le penser. Certains très critiques, comme Adrien Ferro, n'hésitaient pas à parler de "crétin learning" pour désigner le fait d'avoir recours au e-learning pour faire des économies d'échelles, sans réflexion pédagogique et sans penser à l'efficacité des dispositifs mis en œuvre.

Les reproches faits aux plateformes traditionnelles étaient majoritairement de deux ordres :

- elles se limitaient encore souvent au seul e-learning (ne permettant donc pas de gérer d'autres modalités d'apprentissage) ;

- elles ne proposaient pas de véritables expériences d'apprentissage, d'autant que l'expérience utilisateur proposée était souvent médiocre (parfois plusieurs clics avant de, seulement, accéder au module de formation convoité). 


Puis vint le temps des plateformes LEP

Les plateformes LMS ont néanmoins progressivement évolué, de façon à intégrer les retours des utilisateurs (des précurseurs qui, pour beaucoup, ont essuyé les plâtres). Parmi les évolutions, nous pouvons noter :

- la possibilité, croissante, de gérer davantage de modalités d'apprentissage : le présentiel via des fonctionnalités de TMS (Training Management System), le blended learning, etc. ;

- la gestion et le déploiement des formations descendantes ("top down"), mais aussi le développement des compétences "ascendant" du fait de la mise à disposition d'une offre de formations individuelles, parfois via des dispositifs de places de marché (marketplace) ;

Sont apparues en parallèle des plateformes nommées "LEP" (Learning Engagement Platform), pour intégrer davantage la dimension sociale (apprentissage collaboratif) et favoriser l'engagement des apprenants (par ex. par la mise à disposition de communautés d'apprentissage et de pratiques).

Mais un problème, non spécifique à ces plateformes, demeure : l'expérience utilisateur, qui impacte directement l'expérience d'apprentissage, est encore en berne, car l'apprenant, pour suivre un parcours complet de formation est "baladé" d'un outil ou d'une plateforme à l'autre. Nous sommes encore loin de leur faire vivre une expérience d'apprentissage unifiée.

L'avènement des plateformes LXP

Faut-il aller plus loin dans le développement des plateformes ? La réponse se trouve peut-être du côté d'un nouveau type d'acteurs identifié par Gartner (Gartner Market Guide for Corporate Learning Studies, mai 2018) : les plateformes LXP (Learning Experience Platform). Du moins, cela dépend de la manière dont on définit ce nouveau type de plateforme.

Pour Gartner, il s'agit de plateformes ouvertes qui offrent aux apprenants des contenus de formation via une expérience personnalisée. Elles s'appuient donc sur les mécanismes de l'apprentissage adaptatif (adaptive learning) à l'aide des données issues des évaluations, des recommandations, etc. Elles peuvent exister indépendamment des plateformes LMS (si elles disposent de fonctionnalités équivalentes) ou en complément de celles-ci, pour leur apporter une expérience utilisateur qui leur ferait éventuellement défaut.

Sur le papier, cela semble séduisant. Mais cette vision de la LXP, où l'apprenant se retrouve face à des contenus qu'il visualise, qu'il "zappe", en fonction de ce qui est lui proposé, fait étrangement penser à... Netflix ! Remplacez l'apprenant par le téléspectateur et nous y sommes. Cela signifie en quelque sorte le retour à un portail e-learning self-service (retour aux années 2000 !), la personnalisation en plus...

N'y a-t-il pas un risque d'infobésité ? Va-t-on souhaiter des apprenants qu'ils pratiquent le binge-learning (en lieu et place du binge-watching sur Netflix) ? Cela ne me semble pas souhaitable, notamment parce que le cerveau humain a ses limites et qu'il ne peut assimiler trop de nouvelles informations à la fois.

Aussi, où est le fil rouge pédagogique ? Accumuler les contenus sans que ceux-ci ne soient remis dans le cadre d'un parcours de développement des compétences, avec de véritables phases en amont et en aval de la formation (voir ce webinaire pour comprendre l'importance de l'avant et de l'après-formation pour un transfert des acquis élevé), c'est le risque de considérer, à tort, que : savoir = savoir-faire = faire. Et confondre apprentissage et transfert des acquis ; connaissance et compétence ; formation et performance.

La LXP selon MySkillCamp : on y travaille

Si vous vous retrouvez dans cette analyse et dans les limites mises en exergue, alors joignez-vous à la réflexion. Faisant suite à ces constats, et en lien avec les réflexions de plusieurs spécialistes de la formation (voir à ce sujet les articles de Sébastien Fraysse sur le LMS étendu et le LMS "invisible"), nous réfléchissons à ce que pourrait être une véritable LXP qui offrirait une expérience d'apprentissage optimale ET qui poserait les jalons d'une véritable montée en compétences, vérifiable jusqu'au poste de travail.

La LXP, ainsi pensée, serait en quelque sorte le stade "ultime" des plateformes de formation :

- une plateforme étendue, ayant une évolution organique, de par son ouverture sur l'écosystème des offreurs de formation et des applications ;

- une plateforme invisible, permettant aux apprenants d'accéder au meilleur sans qu'ils n'aient l'impression d'être connectés à une plateforme, en allant les chercher là où ils sont. 

À suivre...

Vous souhaitez faire évoluer votre plateforme LMS vers une LXP afin de vous ouvrir sur l'écosystème des applications et des fournisseurs de contenus ? Contactez l'un de nos experts afin de participer aux premières expérimentations et vous associer à notre projet.