Marie-Françoise COURTADE BONNEFOY répond à quelques questions à propos du digital learning.

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Marie-Françoise COURTADE BONNEFOY
Fondatrice alliance management

Ingénieur Arts et Métiers, MBA ICG, formée au coaching et team building à l'école Vincent Lenhardt, à l’Holacracy par son fondateur Brian Robertson.Plus de 6300 dirigeants et cadres accompagnés de façon collective et individuelle dans des centaines d’entreprises.

Consultante, formatrice et coach en management depuis 1990, Marie-Françoise Courtade Bonnefoy pratique l'accompagnement des personnes, groupes et structures sur des problématiques de Transformation par l'intégration des :

  • sens et structuration,

  • bon et juste fonctionnement et engagements de chacun,

  • talent et enthousiasme des hommes.

Ancienne responsable de production dans la métallurgie (Elle encadrait 150 personnes), elle a codirigé pendant 18 ans des sociétés au succès fondé sur la synergie d'entités indépendantes (ISOCEL, Bel & Blanc).Elle a fondé Alliance management pour offrir des réponses au carrefour de l’expertise et de l’innovation au service de:

  • l’accomplissement des organisations et des projets

  • l’épanouissement des talents


Vous vous adressez à des managers, pour vous le digital est-il déjà bien en place dans la société d’aujourd’hui ?

En août 2012, j’étais en plein centre de León en Espagne devant la vitrine d’une boutique de souvenirs. Il y avait là plusieurs plaques métalliques gravées de sentences diverses et variées, quand l’une d’elle attire mon attention. Immédiatement, je la partage avec une certaine malice à mon mari : 

« No necesito Google, mi marido lo sabe todo ! » (Je n’ai pas besoin de Google, mon mari sait tout). Google est devenu un réflexe pluri-quotidien pour nombre d’entre nous. Au-delà des moteurs de recherche, les réseaux sociaux sont des vecteurs extraordinaires de liens et de diffusion de l’information et de la connaissance, les achats ou réservations en ligne sont monnaies courantes …et en 2017, pour la première fois les déclarations d’impôts numériques supplantent les déclarations papier. Je ne parle même pas de nos capacités augmentées avec un simple smartphone dans la main !Oui ! Le digital s’est infiltré dans les recoins de notre quotidien individuel.Sur le plan collectif, le digital facilite les solutions de partage de ressources individuelles. De nouveaux modèles économiques fleurissent. De nouveaux gisements économiques (AirBnB, BlaBlaCar, Uber) déstabilisent les modèles anciens.
Dans l’industrie, les services, les solutions digitales, les robots questionnent la notion même de Travail…

En fait, la magie du digital, le numérique (en français), réside dans sa capacité de nous libérer des contraintes de l’espace et du temps, de faciliter la mise en lien et de faire de chacun de nous des « professionnels augmentés ». Mais pour bénéficier des avantages du digital, il est important de nous libérer des anciens paradigmes, sans quoi nous ne voyons que le côté obscur de sa force.>En effet, la lame de fond du digital se matérialise par des changements profonds de paradigmes tant individuels que collectifs.>Un paradigme est un ensemble de règles, de méthodes, de valeurs qui fondent notre efficacité, notre réussite dans un contexte donné. Par exemple le paradigme de la lecture rapide nous permet de lire et mémoriser un texte quand un enfant de CP est encore en train d’en ânonner les premiers mots.D’un autre coté, un paradigme nous coupe de la perception ce qui n’est pas normal dans le contexte ancien. Par exemple, l’enfant de CP lira un mot qui aura été doublé par erreur alors que l’adulte aux prises au paradigme de la lecture rapide ne verra pas le même mot doublé par erreur (exemple : un oiseau dans la main). On reconnaît un changement de paradigme quand la liste des attributs relatifs à un sujet est remplacée par leurs opposés.

Dès 2003, le sociologue Alain Mermier, qui régulièrement passe la société française au crible de sa sagacité, relevait dans son ouvrage Francoscopie le paradigme ci-dessous, qui à l’époque montrait le changement de dominance entre le collectif et l’individuel.

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En 2013, le prospectiviste Marc Halevy sillonnait la France et partageait ses constats lors de conférences :

Nous vivons une époque incroyable de changement de paradigme économique qui arrive tous les 400 à 500 ans.
Tout est à réinventer !!!!

Seul notre attachement à l’ancien paradigme, ici la courbe rouge (voir ci-dessous), nous fait crier à la crise et nous effraye.

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En entreprise de nouveaux modèles managériaux et organisationnels sont stimulés par ces changements et vectorisés notamment par le digital.

Côté pile, avec le digital , le client «  rentre » dans les processus internes. Un DSI d’une collectivité territoriale cliente me faisait part de la révolution engendrée. Les dysfonctionnements dans le flux de traitement sont aujourd’hui «  dramatiquement » transparents pour les usagers

Coté face , avec le digital , la liberté d’initiative individuelle et le monde du « co » ( cocréation, coopération, collaboration…) sont boostés à condition d’adapter l’organisation et le management( encore aux prises aux paradigmes de la courbe rouge). Le phénomène de l’  « entreprise libérée » participe de ce mouvement.

Comment pourrions-nous encore améliorer la transformation numérique? 

L’enjeu consiste à vivre les nouveaux paradigmes, libérés des habitudes liés aux anciens. Comme lorsqu’on fait du développement international dans un pays d’une culture très éloignée de la nôtre, notre premier job consiste à oublier tout ce qu’on sait, sous peine d’être rapidement hors jeu.

Quand on parle du digital, le changement ressemble plus à un débarquement sur autre planète que dans un autre pays

N’est-il pas génial de retrouver l’esprit neuf du débutant, dans lequel existent infiniment plus de possibilités que dans celui de l’expert ?

« L’esprit du débutant est vide, libre des habitudes de l’expert, prêt à accepter, à douter, et ouvert à toutes les possibilités. C’est le genre d’esprit qui peut voir les choses telles qu’elles sont, qui, pas à pas et en un éclair, peut saisir la nature originelle de toute chose. C’est la pratique de l’esprit zen ». Shunryu Suzuk

Bref ! Nous pouvons améliorer la transformation numérique en restant zen 😊 !

Concrètement : Soyons vigilants à faire autrement qu’« un peu plus de la même chose grâce au numérique » : osons innover. En formation par exemple le faire « un peu plus de la même chose », réflexe de la courbe rouge, peut se traduit par du blended learning standardisé pour faire plus, plus vite , moins cher et sûrement pas mieux.

Surfons sur la courbe verte, nous réussirons le plus, plus vite, avec moins et MIEUX. Imaginons par exemple un enrichissement croisé des virtuosités individuelles et boostons le co développement virtuel en jouant un mix de social learning et de réunion en ligne.

Pour améliorer la transformation numérique, les valeurs de la courbe verte vont nous guider !

Vous commencez à utiliser le digital learning, avez-vous déjà quelques trucs et astuces que vous pourriez partager avec notre communauté ? 

Oui, effectivement nous sommes au début de cette révolution digitale et c’est grâce à elle que nous vous avons rencontré. Dans nos actions d’accompagnement du changement, nous co-construisons avec les DRH et les responsables formation et les experts internes. Depuis plus d’un an, nous cherchons avec eux à créer de la valeur ajoutée à nos interventions via le digital

A ce jour ce qui nous paraît essentiel :

Privilégier la simplicité.

Le monde est suffisamment complexe pour prendre le risque d’imaginer des solutions qui le sont aussi.

Le choix d’un partenaire de solution digitale est crucial, il ne faut pas avoir à nous embêter avec la technique. Nous sommes heureux d’avoir trouvé professionnalisme et convivialité en plus de l’esprit «  courbe verte » chez Myskillcamp.

De plus les modalités de transfert de connaissance les plus simples à mettre en œuvre techniquement passent chez nous par de courtes vidéos (3 mn maxi)d’expert d’alliance management sur le management et le change management.

Simplicité ne veut pas dire facilité, au contraire, l’exigence de préparation est plus forte qu’en présentiel. La granulométrie des apports est fine, L’exigence d’élagage est forte. La valeur ajoutée pour l’apprenant est le critère de discernement.

Privilégier le lien

L’animation des parcours d’apprentissage est un élément clé. Compte tenu de l’écran de l’écran, le premier de trois besoins fondamentaux de « l’Elément Humain » mis en avant par William Sultz : Intégration-contrôle -ouverture, est plus que jamais à prendre en compte. Nous, consultants-formateurs, devenons avant tout des animateurs-facilitateurs, des entraîneurs de cocréation.

Chacun des participants plus que co- acteur, il est coréalisateur de la formation. Via le social learning, il est stimulé par le formateur pour enrichir le collectif de ses lectures, visionnages, expériences individuelles.

Privilégier le jeu

Revenons aux basiques de la nature, les jeunes animaux apprennent par le jeu. Idem pour nous humains, (si nous arrivons à ne pas trop nous prendre au sérieux). Regroupements virtuels, défis, challenges truffent les parcours et répondent aux besoins de lien et de jeu des apprenants.

Lors de notre dernière action d’accompagnement du changement par une formation de l’encadrement (160 managers) d’une entreprise de services, avec un budget contraint, j’ai été émerveillée de l’enrichissement digital obtenu avec la formule suivante en 7 étapes  : 

Webinaire introductif

Évaluation amont par un 360° sur mesure+ profil personnalité en ligne

En fonction du besoin de formation individuelle mise en avant par l’évaluation de départ, mise à dispo des apprenants d’une banque de mini-apports théoriques (enchaînement 15 20 MN de vidéo d’expert formation en management de 2 à 3 mn )

Présentiel demi-journées de training sur mini-cas " maison" et choix final d’un objectif de progrès à mettre en œuvre sur le terrain

Période de 3 mois de mise en œuvre des acquis, soutenue par du social learning et stimulé par envoi régulier de vidéos clés de rappels des principaux outils managériaux

Webinaire de retour d’expérience et célébration des réussites des changements terrain opérés.

Évaluation finale en ligne pour attestation des acquis

Le digital learning est-il pour vous un bon moyen pour démarrer la transformation numérique des entreprises? 

Point de transformation durablement réussie , sans engagement !

L’engagement des salariés se mesure à l’aune de deux questions clés :

A quoi ça sert ?

A quoi je sers ?

Aujourd’hui, nous pouvons nous demander si le digital learning, comme la transformation digitale, sont des réponses ou bien rajoutent-ils des questions en entreprise?

La mise en mouvement de toute transformation nécessite de dépasser les peurs qui lui sont associées.

Ce qui nous libère de la peur : le passage à l’action. Autrement nous nous épuisons dans la rumination des éventuels hypothétiques dangers…

Aussi le digital learning est doublement opérant pour réussir la transformation numérique de l’entreprise :

Il permet de faciliter pour chacun l’acquisition de savoir-faire qui permettent de se sentir armé pour effectuer les changements et transformations.

Il est, en tant que tel, concrètement, une mise en œuvre, une mise en mouvement, de la transformation digitale

Toutefois, le digital learning et le digital tout court ne répondent pas aux deux questions clés « à quoi ça sert ? », « à quoi je sers ? ». L’engagement de la Direction pour clarifier et partager le sens (direction, signification, sensation) de son Projet et de la place du Digital dans ce dernier, est un élément clé.

A votre avis, comment le digital learning peut-il améliorer l’esprit de cocréation ? 

Le digital learning, comme le digital, est un facilitateur incroyable de cette évolution vers le « co ».

  • Les réunions à distance suite aux restrictions budgétaire ont ouvert la voie des webinaires
  • L’utilisation des réseaux sociaux a ouvert la voie du social learning
  • Comme Obélix, la nouvelle génération est tombée dans la potion magique quand elle était petite. Elle en a la force de cocréation sans plus avoir besoin de prendre de stimulations.

Nous sommes dans l’ère du « co » du «  Et en même temps ….. »

Oui le digital learning version « courbe verte » facilite la cocréation.

Pensons Valeur Ajoutée, Talents partagés, Agilité des formules, Créativité des solutions et Simplicité.




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